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Association Bretonne

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la Pêche à la Mouche
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Le Gouët

par Didier Portanguen

Cliquez ici pour télécharger une carte du Gouët (Taille:1.09 Mb)

gouet«Le Gouët, long de 45 km, a ses sources sur la commune du Haut-Corlay : il y naît au pied de la colline de Kerchouan où sourdent les premières eaux de l’Oust.
Une rivière frontière entre l’Est et l’Ouest des Côtes d’Armor

A l’Est, on trouve exclusivement des rivières coulant essentiellement sur socle schisteux, à faible étiage, à bassins versants dégradés et où les populations de salmonidés se maintiennent difficilement.
A l’Ouest, prédominent des rivières à socle granitique, offrant à nous pêcheurs ou promeneurs, leurs belles eaux ambrées. C’est le cas du Gouët dont le cours est régulièrement ponctué de gros blocs de granit. Son débit d’étiage reste satisfaisant. Sa pente générale est peu marquée (6 %), mais avec des ruptures de niveau importantes qui s’accompagnent de versants escarpés – Autant dans le cours principal que dans les affluents, les populations de salmonidés sont dominantes.
Ces caractéristiques lui confèrent le rôle de ligne de démarcation d’où son intérêt majeur, notamment pour les activités qui nous intéressent.
Une rivière tronçonnée en trois parties du fait d’obstacles séparant les populations piscicoles
La partie amont, des sources jusqu’à Quintin, draine une zone agricole avec un abondant chevelu de ruisseaux – De faible pente, elle a une largeur moyenne de trois mètres.
La partie intermédiaire va de Quintin à la retenue de St-Barthélémy (Etang du Gouët). A partir du seuil infranchissable de Quintin, la rivière étale tantôt un cours en méandres, tantôt, elle accélère. Vive petite rivière, elle reçoit au passage deux beaux affluents : le ruisseau du Pas et le ruisseau de St-Germain.
La partie aval : de Ste Anne du Houlin à la limite de salure des eaux : Le Légué – Un ouvrage marque cette portion : le barrage de St-Barthélémy mis en eau en 1977 en remplacement d’un autre petit barrage. Haut de 45 m, il ferme la vallée et noie sous sept millions de m3 plus de 7 km de parcours qui comptaient parmi les plus beaux. De nos jours, chroniquement victime d’eutrophisation, le lac ne contient que des poissons blancs et des carnassiers.
Le barrage est équipé d’une écluse à poisson de type Borland au fonctionnement déficient, bloquant toute circulation des poissons.
A l’aval, la rivière poursuit son cours jusqu’à la mer, enserrée entre des berges escarpées, longée par une route jusqu’au Légué où au pied de St-Brieuc, elle se perd dans un bassin fermé par une écluse, formant ainsi un port, mais perturbant les mouvements des migrateurs.
Une longue énumération des nuisances
On dénombre sur cette vallée la quasi-totalité des problèmes affectant une rivière en Bretagne :
- élevages intensifs et hors-sol ;
- activités agroalimentaires avec surcharges des stations d’épuration ;
- un barrage en queue de bassin versant créant une retenue réceptacle de tous les substances enrichissantes résultant des pratiques agricoles ;
- des piscicultures ;
- des carrières ;
- du maraîchage intensif en parcours aval ;
- station de traitement des eaux avec rejets incorrectement épurés ;
- activités industrielles ;
- passage en zone urbaine, heureusement terminal, avec rejets sauvages et lessivages de rues et autres surfaces imperméables.
Cette impressionnante et calamiteuse liste pourrait faire craindre le pire pour les populations de poissons qui nous intéressent particulièrement. Qu’en est-il ?
Le saumon
Le Gouët est classé rivière à saumons mais la présence de ce migrateur n’est qu’anecdotique et ne concerne que la partie basse à l’aval du barrage. Déjà en 1953, André Ragot écrivait : «Quelques spécimens (10 à 12 annuellement) remontent encore tous les ans jusqu’au barrage de La Méaugon – Là aucune échelle n’ayant été construite, la remontée vers les frayères est impossible. Autrefois, cependant, ce fut là une excellente rivière à saumons… »

Lors de la saison 2000, deux captures de saumons de printemps ont été déclarées. La population indigène reste très faible et malgré quelques déversements de tacons de source Trieux, la faible surface de frayères disponible ne permet pas d’envisager de réels progrès.
La truite
C’est le poisson roi du Gouët et sa pêche peut y être digne d’intérêt. Descendons les différents parcours.
Entre l’étang de Saint-Bihy et Quintin, la rivière étroite au fond sablonneux, contient une belle population de poissons râblés, très nerveux, assez sollicités en début de saison puis, comme dans beaucoup d’endroits, peu dérangés dès que l’eau s’éclaircit. Elle offre de belles éclosions de mouches de mai et des coups du soir irréguliers mais pouvant être étonnants. Une canne courte de 6 – 7 pieds suffit aisément.
La partie moyenne présente les parcours les plus intéressants. En dessous de Quintin, le Gouet méandre dans des prairies aux berges assez dégagées avec des profonds dans les virages – La pêche à la mouche noyée est possible et là aussi, les éclosions de danica peuvent être massives. Quelques propriétés privées interdisent le passage mais nous disposons ici de plusieurs kilomètres de parcours de grand intérêt. Le peuplement en truites est très correct (indice truite supérieur à 15/20) avec quelques poissons atteignant ou dépassant la livre.
Une canne de 7 – 8 pieds convient parfaitement, la largeur moyenne ne dépassant pas six mètres. Les accès sont aisés mais par chance aucune route ne longe la vallée de près.
A l’aval du Pont-Jacquelot, le cours s’accélère et deux kilomètres plus bas, la rivière s’engage dans un chaos granitique spectaculaire. Elle devient torrent, contourne des rochers énormes polis par le courant ou se glisse en-dessous avant de s’assagir à nouveau pour se jeter dans le lac artificiel. Elle devient aussi un peu plus large et tous les parcours peuvent procurer de belles émotions. Les truites sont très vives parfois de belle taille. Le secteur des chaos est longé par un sentier de randonnée fréquenté aussi est-il à déconseiller en fin de semaine par beau temps. En soirée la vallée encaissée est baignée d’une atmosphère très particulière (Il se dit que des fées… mais chut !) et la pêche à la mouche y est fascinante.
Dans les chaos une canne un peu longue peut permettre de poser le devant les blocs de granit en soutenant la mouche sur une courte dérive. Le ferrage doit être, bien sûr, rapide car le poisson descend très vite dans son refuge inexpugnable. En dehors de la période de la mouche de mai, des imitations d’ensemble flottant bas (poil de lièvre, sedge roux…) ou des palmers pour les courants conviennent parfaitement.
En l’absence de gobages, la pêche des postes peut être fructueuse et intéressante car la rivière est «facile à lire». Les tenues possibles sont nombreuses mais les veines de courants fragmentées ; aussi la pêche est-elle assez technique pour éviter le sillage.
Malgré la proximité de l’agglomération briochine avec ses 110.000 habitants, il est aisé de prospecter des coins «sauvages» sans la pression des cohortes de pêcheurs. Il est vrai que dans cette vallée, comme ailleurs, les effectifs de pêcheurs ont encore plus chuté que les populations de truites.
La dernière partie, du barrage de St-Barthélémy à l’embouchure est aussi la plus curieuse. La vallée est encaissée, la proximité de la ville se fait plus sentir et le milieu s’artificialise. De plus, le débit est dépendant de la régulation opérée au barrage équipé de deux turbines. Du fait d’une pauvreté en frayères et d’un blocage des migrations vers l’amont du barrage, ces parcours connaissent des problèmes de renouvellement des populations. Pendant de nombreuses années, les effectifs de truites indigène ont été soutenus par des déversements d’alevins et de truitelles de souche locale. Jusqu’il y a quelques années, les truites, sans connaître des densités pharamineuses, se maintenaient convenablement. Certains de ces poissons sont coutumiers de séjours en mer (vérifiés par des analyses d’écailles) et grâce à leur grossissement accéléré, atteignent des mensurations remarquables. Les truites sédentaires ont aussi une croissance rapide. Il était fréquent de pêcher régulièrement des poissons de plus de 35 cm. Pêche de coup du soir, captivante sur des truites méfiantes car souvent sollicitées et pouvant être de fort belle taille.
Depuis dix ans, sans qu’on puisse expliquer de façon probante le phénomène, la situation s’est fortement détériorée et il n’y a plus guère que sur un kilomètre à l’aval du barrage que la pêche mérite d’être pratiquée – la qualité de l’eau sortant du lac n’est peut-être pas étrangère à cette situation – on y trouve cependant encore quelques beaux spécimens de farios.

Ainsi en décembre dernier, à quelques encablures du barrage, quelques truites de 50 – 60 cm, peut-être plus, ont creusé d’énormes frayères. La lame d’eau étant assez faible, elles donnèrent aux observateurs un spectacle inoubliable – spectacle qu’on pourrait croire réservé à d’autres rivières plus renommées.
Ici la pêche à la nymphe est particulièrement efficace mais gare aux casses !
Une seule AAPPMA
L’ensemble du bassin est géré par l’AAPPMA de St-Brieuc-Quintin-Binic qui s’attache à y mener une gestion cohérente. Depuis fort longtemps, pour compléter l’engagement des bénévoles, elle a la chance de salarier un permanent, garde-pêche dont l’activité est orientée vers un travail d’animation et de gestion. Le recrutement récent de deux emplois-jeunes permet de diversifier largement les activités.
Principaux axes :
Un travail continu d’aménagement des rives : quatre équipes bénévoles assurent l’entretien d’une vingtaine de kilomètres de rives chaque automne, depuis le début des années soixante-dix – les parcours sont en général faciles à fréquenter ;
Une gestion patrimoniale : depuis dix ans tout déversement de truites a été supprimé sur les affluents, depuis cinq ans sur le cours principal – Un patient travail d’information a permis de convaincre le «pêcheur moyen» de l’inefficacité des alevinages avec démonstrations sur des zones tests et grâce à des poissons marqués ;
Création, il y trois ans, d’un parcours mouche no-kill sur un secteur autrefois en réserve à l’aval du barrage. Sa richesse est étonnante : un collègue, membre du bureau de l’AAPPMA, y a ainsi, le 9 mars dernier, capturé et, bien sûr, relâché sa septième truite de plus d’un kilo à la nymphe – Record pour l’instant : 56 cm.
Des activités éducatives sont organisées toute l’année en direction de publics jeunes et autres. Largement mais non exclusivement orientées mouche (Ecole de pêche, Fête de l’eau, stages de pêche, ateliers pêche en centre aéré… )
Beaucoup d’autres projets encore pour cette petite rivière, patrimoine unique dont nous avons la responsabilité, encore fréquentée par la loutre et que nous aimerions tant voir retrouver son eau «couleur de sang».

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  • Dernière mise à jour: mercredi 19 avril 2017, 11:51:19.

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