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Association Bretonne

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la Pêche à la Mouche
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Le Blavet

Blavet

Cliquez ici pour télécharger la carte du Blavet (Taille: 1.11 Mb )

La pêche du saumon dans le Blavet
Martial Le Dortz

Madame Le Potier, née en 1850, disait à son fils, exploitant du moulin de Poulhibet, commune de Saint-Aignan (près de Mur de Bretagne) que la valeur des deux fermes qu’elle possédait sur les rives du Blavet était due à la pêcherie de saumons que chaque ferme comportait.

 

André Ragot nous rapporte d’ailleurs, dans un article du magazine «Au bord de l’eau» que le grand-père de madame Le Potier louait le moulin à un meunier, les champs à un cultivateur riverain et, enfin le parcours du Blavet afférant à ces champs à un pêcheur et ceci uniquement pour la pêche du saumon au filet.
De 1900 à 1905, il se vendit encore de 1500 à 2000 saumons par an à une coopérative de Lochrist.
Pendant très longtemps la pêche du saumon sur le Blavet se résumait à la prospection des écluses situées sur la partie basse du cours d’eau (Gorrets – Quellennec) puisque 90 % des captures y étaient effectuées. Déjà au milieu du 19ème siècle, Lochrist était le quartier général des pêcheurs à la mouche britanniques.
Depuis l’aménagement de nouvelles passes à poissons, fonctionnelles, sur le cours supérieur du canal, les habitudes des pêcheurs ont bien changé. Ces travaux ont, bien sûr, facilité l’accès aux frayères pour le saumon, d’ailleurs les derniers indices d’abondance sur les affluents en aval du canal (Kersalo – Sebrevet) sont sensiblement plus faibles que les années précédentes alors que les indices relevés sur les affluents en amont (Sarre – Houé – Evel – Tarun) n’ont jamais été aussi élevés.
Ces échelles ont également permis d’étendre les secteurs de pêche. Les saumoniers l’ont très vite compris puisque depuis quelques années des captures sont réalisées pratiquement sur chaque écluse allant de Polvern à Boterneau, ce qui représente une quinzaine d’ouvrages fréquentés plus ou moins régulièrement par les "accros" du saumon.
La levée de l’interdiction de pêche sur les 50 mètres à l’aval des déversoirs depuis juillet 2002 est une autre raison qui encourage les pêcheurs à explorer la partie haute du canal.

Il faut reconnaître que les pêches les plus fructueuses de castillons, en été et en fin de saison, s’effectuent directement à la fin des premiers courants, ce qui n’est pas sans causer quelques problèmes. En effet, les zones intéressantes à pêcher sont bien souvent limitées et le comportement de certains individus monopolisant les meilleurs postes avec des cannes fixes oblige parfois le moucheur à abandonner le parcours.


blavet1 D’autres facteurs peuvent rendre difficile la pratique du fouet sur cette grande rivière canalisée :
• le faible débit de l’eau, certains étés ;
• l’ouverture ou la fermeture de certaines vannes par les agents de la DDE peut, du jour au lendemain, faire disparaître un courant prometteur ;
• la mise en route des turbines d’usines hydro-électriques peut aussi modifier les conditions de pêche.
Pour augmenter ses chances de réussite, il est préférable de prospecter plusieurs écluses dans une même journée, cela au prix de courts déplacements en voiture.
Pour ces raisons le nouveau venu sur le Blavet aura tout intérêt à consulter les cartes IGN afin de se rendre sur les déversoirs, presque tous difficiles d’accès. Certaines écluses sont plus agréables à pêcher que d’autres ; on peut citer celles du Quellennec, Trébihan, Manerwen, le Budet, etc.
Les barrages de Manerwen et de Minazen seraient encore plus passionnants à explorer si leurs biefs étaient débarrés. A Minazen, quelques moucheurs pratiquent le wading en raison du boisement excessif de la rive droite. Cette berge mériterait un sérieux nettoyage : cela permettrait de couvrir plus efficacement les postes à saumons. Aux Gorrets, il n’est pas rare de se retrouver seul pendant de longues heures, ce qui aurait été impensable il y a 15 ou 20 ans tant la pression de pêche au lancer était alors importante.
Pour ce qui est du matériel, la canne à une main, que j’apprécie pour sa maniabilité ne suffit pas toujours pour peigner correctement certaines veines de courant éloignées de la rive. J’utilise donc une canne à deux mains de 14 pieds quand cela est nécessaire. Au sujet des mouches, je pense sincèrement que tous les modèles utilisés sur les rivières bretonnes peuvent piquer du poisson. Je privilégie toutefois les mouches avec une aile constituée de poil d’écureuil ou de martre qui vibrent dans les eaux vives des déversoirs.
Le modèle qui m’a donné quelques résultats est monté sur un hameçon double Kamasan B280 N° 8 :
• cerques : coq teint en rouge ;
• tag : microchenille rouge ;
• corps : dubbing SLF noir (substitut de phoque) ;
• cerclage : tinsel rond argenté enroulé sur la moitié du corps puis, côté œillet, sur l’autre moitié, un hackle noir enroulé en spirale ;
• l’aile est constituée d’une pincée de poil d’écureuil teint en jaune surmontée d’une autre pincée teinte en noir.


blavet2Cette mouche m’a permis, durant les deux premières semaines d’octobre 2002, de piquer et de relâcher deux jolis poissons puis d’en perdre deux autres sur un magnifique courant de l’écluse de St Adrien.
Enfin je n’apprendrai rien à personne en disant que, sur le Blavet, le saumon n’est pas le seul poisson à se laisser séduire par nos artificielles ; il y a aussi quelques beaux spécimens de truites de mer, de nombreux mulets, en été, au barrage des Gorrets, ainsi que des aloses dont les remontées se font chaque année plus importantes (voir Bulletins N° 8 & 9).

Un certain optimisme concernant l’avenir du saumon règne actuellement sur les bords du Blavet, du fait de l’installation progressive de passes migratoires, fonctionnelles, dans la partie canalisée et ses affluents. En 1999, le garde-chef de la brigade mobile du saumon, René Kerloch déclarait : «Un potentiel annuel de remontée de 2100 saumons peut être envisagé dans le Blavet».
Quant à Jean Le Bec, président de l’Entente Interdépartementale du Pays de Baud, il nous dit que l’on va «redonner au Blavet sa réputation de riche rivières à saumons qu’il possédait antan». Acceptons-en l’augure…
Il est vrai que deux atouts jouent en faveur du développement des populations de saumons dans cette rivière canalisée :
• Le grand nombre de cours d’eau affluents disposant d’importantes surfaces de frai ;
• Le soutien des débits d’étiage par des lâchers du réservoir de Guerlédan.
Le gros point noir, et le facteur limitant, reste la constante dégradation de la qualité de l’eau. Par exemple, pour ne parler que des nitrates, en 1991-1992, le flux de nitrates dans le bassin de l’Evel était de 20.000 tonnes. Il était de 60.000 tonnes en 2003 !
D’autre part, pour que la pêche du saumon devienne réellement attractive, une réglementation un peu plus intelligente que celle actuellement en vigueur s’impose. Faute de quoi les passionnés français de la pêche du saumon continueront de se tourner, de plus en plus, vers les rivières à saumons étrangères, plus riches, mieux gérées et beaucoup plus judicieusement réglementées.

Dernière modification du site

  • Dernière mise à jour: mercredi 19 avril 2017, 11:51:19.

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