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Vous êtes ici : AccueilPêcherCarnassierVie et mœurs du brochet

Vie et mœurs du brochet

par Pascal Guérin

brochetcanardComme pour tous les poissons, une bonne gestion des populations de brochets ne se fera que si le milieu est adapté à sa biologie.
La période de fraie a lieu entre février et mai, suivant la température de l’eau. Sa faible prolificité (20.000 œufs/kg) ajoutée à un cannibalisme qui sévit dès le stade d’alevin, font que les chances de survie d’un brochet sont de 5 pour 1000 œufs au bout de six ans.
Les femelles sont mâtures entre la troisième et la quatrième année et les mâles, entre la deuxième et troisième (40 à 50 cm). Les œufs sont déposés en différents endroits sur les prairies inondées, algues. L’incubation dure de 10 à 20 jours dans une eau de 7 à 10 °C. Pendant 10 à 20 jours après l’éclosion, les alevins vivent en résorbant leur poche viteline. Ensuite, ils se nourrissent de plancton, puis de leurs congénères plus faibles. D’avril à juin, ce cannibalisme sera limité quelque peu par l’abondance d’alevins d’autres espèces. Avant l’âge adulte, les brochetons devront faire face à d’autres prédateurs : hérons, cormorans, perches, congénères et pêcheurs…
La taille de capture actuelle permet, en principe, au brochet de s’être reproduit au moins une fois. Mais, compte tenu de sa faible prolificité et des problèmes de cannibalisme, il serait préférable de conserver des géniteurs plus gros. Cela aussi, dans l’intérêt de la pêche sportive, car comme c’est le cas pour le saumon, beaucoup de pêcheurs partent à l’étranger en espérant capturer quelques « specimens pikes ». Et pourtant, il y aurait, parfois, peu de choses à faire pour obtenir de bonnes populations de brochets chez nous.
Trois facteurs majeurs :
Les frayères :
Les zones doivent être peu profondes, pour favoriser le réchauffement de l’eau, et riches en végétation afin de créer un support pour les œufs et de permettre aux alevins de se territorialiser. Toutes les sections d’écluses du Canal de Nantes à Brest, dans les secteurs de Loudéac et Pontivy, sont parfaites pour cela.


En revanche, les lacs, tel Guerlédan, manquent de bonnes frayères. Il est possible d’y remédier grâce à des frayères artificielles. Les systèmes artisanaux constitués de branches de sapin, fixées sur des palettes, sont économiques mais peu durables et nécessitent beaucoup de main-d’œuvre. Des modèles en balais synthétiques règlent ces problèmes, en étant toutefois plus onéreux. Ces frayères peuvent être maintenues par des flotteurs et diminuer ainsi les préjudices causés par les changements de niveau. Il faut signaler également, la création, sur le canal de Nantes à Brest, d’annexes hydrauliques permettant de pallier le manque de frayères sur des secteurs trop rectilignes.
L’habitat :
Même s’il peut se trouver en pleine eau, le brochet recherche différents couverts pour être efficace…
Efficace, dans son mode de chasse à l’affût. Les nénuphars et herbiers permettent d’abriter bon nombre de poissons, sans qu’il y ait trop de compétition entre eux.. En revanche, les arbres morts, blocs de roche, piles de pont sont plus souvent occupés par des poissons isolés. Un nombre important d’obstacles dans un plan d’eau permet d’augmenter la capacité d’accueil en poissons adultes, lorsque les deux autres paramètres ne sont pas déficients.
La gestion de la pêche :
Beaucoup trop de pêcheurs se contentent de pratiquer leur sport sans se soucier de la reproduction des différentes espèces de poissons, et des causes de diminution des populations piscicoles. L’important, à leurs yeux, c’est la taille légale leur permettant de ramener le poisson…
Dans la majorité des eaux publiques, même si ce n’est pas le seul facteur, la pression de pêche limite l’augmentation des effectifs de brochets. En Irlande, en Hollande, le no-kill est souvent la règle, même si quelques captures sont autorisées. Ainsi en Irlande, il n’est permis de conserver qu’un poisson par jour, et de moins de 3 kg.


heronCe mode de gestion me paraît correct. Cependant, il faudrait être encore plus restrictif. Car, chez nous, les poissons de plus de 3 kg sont plutôt rares. Bien entendu, la densité en gros poissons peut être différente suivant le milieu (eau calcaire), la nourriture disponible et la qualité de celle-ci.

Le fait de se nourrir d’une chair voisine de ses propres tissus permet au brochet de valoriser sa propre nourriture. Des études britanniques ont démontré que beaucoup de brochets records se nourrissaient aux dépens de leurs congénères. Dans ce cas, les protéines ne sont plus voisines mais identiques.
Avec des populations satisfaisantes de brochets, je pense qu’on pourrait autoriser les pêcheurs à garder quelques poissons de 70 à 80 cm et, éventuellement, un poisson trophée.
En revanche, la remise à l’eau des poissons doit se faire dans de bonnes conditions. C’est surtout une question de volonté, car même les techniques de pêche au poser, avec ferrage à la touche, ne sont pas meurtrières.
Evidemment, on pourrait être radical et préconiser la pêche à la mouche et aux leurres, sans ardillon. Dans les Côtes d’Armor, ce mode de gestion en « no-kill » a été essayé sur l’étang de Beaulieu, à Languédias, et, plus récemment, sur la partie haute du barrage de l’Arguenon (très bonnes zones de frayères). Il faut féliciter ce genre d’initiatives, qui, à ma connaissance, sont les seules, dans le domaine public.
Les mentalités seront difficiles à changer. Mais en créant de tels parcours, on peut espérer que certains récalcitrants verront l’intérêt de ce mode de gestion : des poissons plus gros et plus nombreux.
Sur le domaine privé, il existe, déjà, bon nombre de sites de pêche sportive pour les carnassiers. Leurs tarifs assez élevés limitent souvent l’accès à quelques week-ends ou aux vacances. Toutefois, certains proposent des tarifs à l’année, qui peuvent être intéressants. A l’heure où la vente des cartes de pêche est en chute libre, les AAPPMA devraient peut-être se remettre en question.
Ce qui peut également influencer un changement des mentalités serait la généralisation de la compétition ou des rencontres de pêches sportives. Je pense que cela permettrait de changer l’image d’un simple « passe-temps » en un sport à part entière, avec des choix tactiques et techniques.
Comme dans tous les sports, l’objectif est de se faire plaisir, d’améliorer ses performances et ses connaissances, sans chercher à en tirer profit. Un poisson ne se remplace pas aussi facilement qu’un ballon de foot usé. La priorité doit être axée sur les zones de reproduction et la préservation des géniteurs. Il faut arrêter de gérer la pêche en pensant d’abord aux pêcheurs plutôt qu’aux poissons.

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  • Dernière mise à jour: dimanche 19 novembre 2017, 10:17:04.

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