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la Pêche à la Mouche
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Vous êtes ici : AccueilPêcherSaumonLes mouches à saumon de Henri Clerc

Les mouches à saumon de Henri Clerc

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Le 22 juillet 2003 au Pouldu Finistère , disparaissait Henri Clerc, une figure de la pêche en Bretagne. Nous avons eu l’occasion de saluer cette personnalité dans notre dernière Lettre. Nous publions dans ce Bulletin un texte qu’il avait écrit et communiqué à Pierre Phélipot qui, lui-même, le transmit à Charles de Vazeilles pour son livre, «Souvenirs d’un pêcheur de saumon» paru en 1984.

 


«Une partie de pêche mémorable»

«C’était la fin du mois d’avril 1970. La journée avait été belle et chaude et l’eau était claire.
A cette période de l’année, la pêche à la cuillère est inopérante. Seuls restent en activité les pêcheurs de saumons à la mouche, les purs.
Ce soir-là, je me rendis aux Gorrets, sur le bas Ellé, comme je le fais souvent à partir de la deuxième quinzaine d’avril. J’y trouvais un sympathique jeune pêcheur qui me fit savoir qu’il y avait des saumons. L’heure était propice car elle coïncidait avec le reflux de la marée qui est toujours la meilleure période à cet endroit.
Tout en montant ma canne, un œil rivé sur la rivière, je vois marsouiner un saumon. Je l’attaque aussitôt, sans même mouiller mon bas de ligne. Après trois lancers, un gros remous se produit sur ma mouche. Je ferre le saumon et après sept minutes de bagarre, mon jeune ami le gaffe. Je relance aussitôt, et cinq minutes après je ferre un autre saumon. A ce moment, arrive un groupe de pêcheurs du Faouët, sans cannes. Ils venaient voir s’il y avait des saumons. Ils se sont contentés de me regarder pêcher et de me voir ferrer trois autres saumons.
J’avais pris quatre saumons dans le même trou, sans bouger de place et le cinquième dix mètres plus haut.
Après le cinquième saumon, ma conscience me dit que j’en avais assez pris, et j’arrêtai de pêcher. J’aurais pu continuer car il me restait une bonne heure avant la nuit et d’autres saumons se manifestaient.
A ma place, je pense que peu de pêcheurs auraient agi comme moi…
Ensuite, il me fallait transporter mes saumons au Pouldu.
Comme ils pesaient entre huit et dix livres chacun, il n’était pas question de les transporter sur mon vélomoteur. Un bon ami de pêche, M. Diffon, s’est aimablement offert pour le transport.
Après lui avoir offert un bon apéritif à la maison pour arroser les saumons, je lui demandai combien je lui devais pour le transport.
Il refusa catégoriquement de se faire payer, mais me dit que ce qui lui ferait le plus plaisir était l’une de mes mouches à saumon. Je lui ouvris alors ma boîte et lui offris l’une des plus belles mouches, en lui souhaitant la même chance qu’à moi.

Il paraît que le lendemain la prairie des Gorrets était envahie de pêcheurs. Le téléphone arabe fonctionne plus vite que la radio. De mon côté, je ne me suis pas dérangé. J’ai préféré me reposer sur mes lauriers.


henriclerc3Voici le modèle qui m’avait permis cette séance mémorable :
• Hameçon N° 3 ;
• Hackle de paonne ;
• Corps en bourre de sanglier ;
• Queue de faisan doré ;
• En tête, deux tours de plume grise assez forte de coq.

Je ne compte plus les doublés de saumons à la mouche, mais c’est la seule fois que j’ai réalisé un quintuplé.
J’ai cependant réalisé un triplé, au même endroit, dans les circonstances suivantes : c’était le 13 juin. Ce soir-là, en arrivant en haut de la prairie, à l’aval des Gorrets, j’y trouvai mon ami Diffon. Tout en montant ma canne, je remarquai deux ou trois remous dans le même endroit. Je le signalai aussitôt à mon ami. Puis j’allai me poster entre les deux murs près du petit rocher.

Après trois lancers, je ferre et mon ami me gaffe un joli castillon de cinq livres. Il me quitte malheureusement aussitôt après pour un rendez-vous. Deux minutes après, je pique un autre poisson un peu plus gros et bagarreur. Je le gaffe après une lutte assez difficile. Il pesait huit livres.
Cinq minutes plus tard je pique et capture un troisième saumon du même poids.»

henriclerc2Pour préciser la formule de montage des mouches de Henri Clerc, voici la description que donnait Jean-Paul Péquegnot dans son remarquable ouvrage «Répertoire des mouches artificielles françaises».
« Leur formule est relativement simple, mais elles sont montées avec minutie sous la loupe d’horloger :
• hameçon 3 à 7, soie de montage brune,
• corps assez mince en bourre de sanglier olive cerclé d’un tinsel argenté,
• cerques en coq roux ; pas de tag coloré,
• ailes montées à l’espagnole en barbes de paonne avec de chaque côté un petit bouquet de barbes duveteuses,
• hackle : 2 tours de coq gris naturel cendré en tête de la mouche, rien le long du corps.
Cette mouche dont tout élément de couleur vive est banni, est sobre, légère, transparente. C’est le seul modèle à saumon qui me donne personnellement l’impression d’être en face d’une mouche et non d’un oiseau-mouche.
Henri Clerc pense qu’il est important que dans une mouche à saumon il y ait à la fois des fibres un peu raides et des fibres très molles et il apporte beaucoup de soin à leur judicieux mélange. C’est un souci qu’on retrouve chez tous les meilleurs monteurs de mouches noyées en Bretagne.
henriclerc4Ces petites mouches, visiblement dues à un monteur dont la formation a été celle d’un pêcheur de truites, s’enfoncent peu sous la surface et Clerc pêche toujours en utilisant une tactique voisine de la greased line des Anglais. Il n’hésite pas à pêcher tout à fait en travers, et même en amont lorsque la configuration du poste de pêche l’exige. C’est presque de la pêche à la nymphe à la façon de Skues.»
Et Jean-Paul Péquegnot concluait :
«Décidément, il est navrant que l’organisation de la pêche du saumon en Bretagne soit indigne du talent de quelques pêcheurs à la mouche de ce beau pays»… C’était en 1975.
Conclusion toujours d’actualité !

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  • Dernière mise à jour: mercredi 19 avril 2017, 11:51:19.

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