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Vous êtes ici : AccueilPêcherSaumonArticle sur le saumon

Article sur le saumon

apreview

Le Couesnon

Par Jean Jacques LERAY(Déjà publié dans la revue de l'ABPM)


« Puis venaient les beaux poissons, isolés, un sur chaque plateau d'osier :
les saumons d'argent guilloché dont chaque écaille semble un coup de
burin dans le poli du métal »
Une phrase suffit à Emile Zola en 1873 dans le « ventre de Paris »
pour nous décrire la puissance, la beauté de ce grand poisson
mythique.

 


Ces poissons, passant les 10 kg, vendus sur les halles de Paris dans
la seconde moitié du XIXème siècle ne viennent pas du Couesnon,
ne rêvons pas ! pêchés plus probablement dans l'Adour, la Loire, la
Seine... peu importe d'ailleurs !!!
Zola ne sait sans doute rien de ses moeurs, du long périple qui le
mène du petit ruisseau aux profondeurs de l'océan puis son retour
des années plus tard dans sa rivière natale.
Un toucher des yeux... le talent de l'écrivain fait le reste ; en
quelques mots superbement choisis il a compris la magie de ce
poisson magnifique.


OUI une beauté magique !!
A vol d'oiseau nous sommes à une vingtaine de kilomètres de la
baie du Mont st Michel En quelques heures ils sont là, profilés,
taillés pour la lutte, prêts à vaincre tous les obstacles dressés sur
leur chemin. Ils avancent, guidés par leur métabolisme infaillible,
ne retournent , ne regardent jamais en arrière.
Les représentations graphiques les plus travaillées restent toujours
en deçà de la réalité : ces couleurs si fines, aux dégradés
impressionnistes, ces écailles emboîtées les unes dans les autres
comme dressées dans l'argent le plus pur, le saumon est sans
conteste une véritable oeuvre d'art, comme seule la nature peut
en produire. Ne nous étonnons pas de la fascination, la folie, qu'il
exerce toujours sur beaucoup d'entre nous.

Pauvre saumon !!! depuis des siècles, il survit ,face à son plus grand
prédateur : l'homme. Il est même étonnant qu'il n'ait pas
totalement disparu de nos belles rivières françaises ( ce n'est pas
faute d'avoir essayé , réussi parfois malheureusement).
Pas de barrages infranchissables sur le Couesnon et ses principaux
affluents, Loysance, Tronçon, Minette, mais une succession de
moulins exploités par des meuniers, qui sans état d'âme, puiseront,
puisent encore dans les richesses naturelles du cours d'eau.
Depuis des siècles, le saumon est un mets de choix, recherché,
apprécié. Je ne parle pas de ces ravalés, bécards, c'est-à-dire des
saumons de descente, maigres, sans aucun goût, conservés dans
de la mauvaise saumure. C'est cela que les ouvriers agricoles
refusaient de manger plus de trois fois la semaine. Le saumon a
toujours représenté une valeur marchande non négligeable, mais
surtout, il revêt une valeur symbolique. Au moyen âge, certains
impôts féodaux sont payés en kilos de saumon ( le poisson entier
bien entendu .. ) C'est aussi un cadeau fastueux « désintéressé «
fait aux autorités de l'époque. Combien de saumons fraîchement
sortis de la baie ont-ils fini dans les assiettes de précieux invités !
Qui peut nous jurer que de telles pratiques ont réellement disparu ?
Toutes les méthodes possibles seront utilisées . En ce domaine,
l'imagination de l'homme n'a pas de limite.. Le Couesnon n'est pas
très large. Il est facile d'y poser des filets, des carrelets, d'utiliser
des fourches, des harpons. que sais- je encore ? de faire référence
à de pseudos droits accordés par Colbert (ministre de Louis XIV)
aux inscrits maritimes pour piller la baie du mont St Michel :
environnement favorable , facile pour l'utilisation de la senne, la
bichette, le râteau ... Ces droits indûment accordés à des gens de sac
et de corde, des « miséreux «qui, refusant de travailler
préféraient vivoter de leurs petites magouilles.


Les années passent ... le Couesnon subit les ravages de tous ces
prédateurs, comparables à ces grands oiseaux gris et noirs que l'on
voit s'abattre chaque jour sur tous les points d'eau.
Dommage que nous ne disposions pas de données chiffrées, mais le
Couesnon a toujours été une rivière à saumons une petite
rivière !! par la quantité d'accord, mais certainement pas par la
qualité .. Nos saumons sont beaux, très beaux !!!
Les quelques kilomètres favorables à sa pêche, je les connais
bien,très bien Toute mon enfance, mon adolescence, je les ai
passées au bord de la rivière, le plus souvent dans la rivière ellemême.
La pollution n'avait pas encore déposé ces tonnes de
sédiments susceptibles de nous apporter les pustules les plus
diverses La rivière pas encore recalibrée était facile d'accès pour y
entrer mais surtout pour en sortir. LE CENTRE NEVRALGIQUE DE
NOTRE SAUMON c'est ANTRAIN , ANTRAIN SUR COUESNON (
certains parcours appartiennent pourtant aux communes de
Sougéal, la Fontenelle, Rimou Bazouges...) . Il se prend même
chaque année des saumons jusqu'à Fougères !
Les grands pêcheurs à la ligne, du moins ceux dont je retiens les
noms, ceux dont j'ai tant appris, moi qui très tôt a été subjugué par
ce grand poisson sont à de rares exceptions, originaires, habitant la
commune, adhérents depuis ses origines à l'APPMA locale : la gaule
Antrainaise. C'est un ouvrier du moulin près du Couesnon qui tient
la palme avec un poisson de 22 livres pris au- dessus du « puits «
à la crevette... au bouquet, pas à cette lamentable crevette bleue
pendouillant au bout d'une ligne. Ce pêcheur maintenant âgé qui
m'appelle un soir bien froid d'avril pour me montrer les deux
poissons de 16 livres qu'il vient de prendre. Je lui ai gaffé en 1983
ou 84 un magnifique poisson de 17 livres. Le 1er Avril 1967 mon oncle
réalisait un triplé en deux ou trois heures. Cette date reste
bien gravée dans mon esprit car j'ai pris mon tout premier le
lendemain, 7 livres et ½ « aux vers » le 30 mars 1969, j'ai sorti
des « courants « ma plus grosse prise :17 livres à la cuiller. Je ne
peux les citer tous malheureusement.

Je me dois pourtant d'insister plus particulièrement sur Mr Jean Paul Lorand.
C'est d'abord un pêcheur hors pair. Il l'a prouvé, le prouve encore sur toutes les
rivières de France et de Navarre. Après le 22 livres, on doit retenir
son 18 livres et ½ pris à la cuiller dans la « cave aux noyés » un
matin d'avril 1983. Chapeau ! Ensuite, 37 ans président de la gaule
Antrainaise, membre de la fédération depuis plusieurs années, il n'a
jamais compté son temps, son énergie pour la protection du milieu
aquatique, le développement des activités piscicoles...

Souvent vilipendé, rendu responsable de tout ce qui ne va pas, par
des gens qui eux, ne lèveront jamais le petit doigt pour la défense
du saumon ( beaucoup sont toujours persuadés que c'est lui qui fixe
les quotas dévolus à notre rivière chaque année ). Il leur faudrait
d'abord faire l'effort de bien connaître l'espèce et l'espace du
saumon, ce qui évidemment est inutile à tous ceux possédant la
science infuse.


La taille du saumon diminue depuis quelques années. Rappelonsnous
tout de même qu'il y a quelques temps, sur les 150 premières
déclarations au plan national, plus de la moitié était des ravalés ..
C'est simple : Un saumon de 76 cm de long doit peser 76 au cube =
4kg 300. Ne chipotons pas sur quelques centaines de grammes,
mais attention à ces poissons qui présentent une disproportion
entre la longueur et le poids.
Les pêcheurs actuels, à venir, peuvent dire un grand merci à Jean
Paul car, si le saumon repeuple aujourd'hui notre Couesnon, il en
est le principal , le plus passionné instigateur. Logiquement, nous
devrions tous baigner dans un optimisme raisonné ;
Les saumons sont de retour, la qualité des eaux
s'améliore, des accords internationaux réglementent la pêche sur
les zones d'engraissement en haute mer, les décideurs, les
ingénieurs de l'ONEMA ont une vraie connaissance du milieu, des
moeurs du saumon, travaillent, j'en suis certain pour la pérennité,
la qualité de l'espèce.
Mais ... car il y a un mais .. La FEDERATION D'ILLE ET VILAINE, le
COGEPOMI, l'ONEMA ne peuvent faire l'impasse sur une réflexion
approfondie en ce qui concerne les quotas attribués à chaque rivière
: système unique au monde, système inique, totalement incohérent.
Cette année , la pêche du saumon a fermé fin avril, le 1er mai c'était
l'ouverture de la pêche au « brochet >>, réouverture du saumon le
11 juillet dans des conditions différentes, difficiles : taille maximum
du poisson 67 cm ,mais autorisation aux appâts naturels jusqu'au
20 septembre : Absurde, mortel pour le saumon ! Cerise sur le
gâteau : fermeture générale le 11septembre, véritable prime à la
médiocrité !


Je n'insiste pas sur toutes les formes de braconnage, elles sont de
notoriété publique . Ces pitoyables cachotteries ne sont que des
secrets de polichinelle. Sans doute faudra t-'il quelques exemples
cinglants pour calmer la fièvre obsessionnelle de certains.
Aujourd'hui, tout se voit,tout se sait...en temps réel.
Que les pêcheurs l'acceptent ou non, on s'oriente vers un quota par
pêcheur valable pour l'ensemble du territoire, charge aux instances
concernées de faire respecter les lois.


La pêche du saumon sur le Couesnon comme sur toutes les rivières
françaises sera ce que les pêcheurs en feront. Il ne sert à rien de
refaire chaque jour le monde de la pêche, d'incriminer ceux qui
prennent les décisions mais qui bien entendu n'y connaissent rien.
Cette pêche si merveilleuse doit redevenir avant tout un loisir ( nous
n'avions pas de mots assez durs contre un pêcheur normand qui du
matin au soir « squattait », toujours le même secteur ).. C'est bien
cela qui se passe aujourd'hui ??


Il est terminé le temps de la grande liberté, la grande anarchie où
l'on faisait ce que l'on voulait sans contrôle, sans quota etc ...
Les pêcheurs se doivent de faire des propositions réalistes adaptées
au monde actuel, celui du XXIème siècle, faute de quoi, des
mesures de plus en plus restrictives nous seront imposées et ne
nous y trompons pas appliquées.. Si quelqu'un a des propositions
sensées, qu'il prenne rendez -vous avec les responsables de
l'ONEMA et aille y exposer son point de vue.
Le saumon est un poisson noble. Il doit être pêché proprement. Par
niveau très bas, avec une température élevée, le poisson souffre, on
ne va tout même pas en plus lui planter un triple quelque part dans
la viande ou un hameçon bien trempé dans le fond de la gorge pour
ensuite le treuiller comme un âne mort !
Chacun agira comme bon lui semble, mais la prise d'un saumon ne
peut pas , ne doit pas devenir un acte banal !
« ce que je viens de faire est- il digne du poisson que je viens de
prendre ? ce que je viens de faire est -il digne d'un pêcheur de
saumon ? » Que chacun réponde donc à ces questions. !!!!


Jean- Jacques LERAY

Dernière modification du site

  • Dernière mise à jour: mercredi 19 avril 2017, 11:51:19.

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